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Dimanche 27 février 2005 7 27 /02 /Fév /2005 00:00
Il y avait un monsieur bien mis dans la rame de métro. Complet veston, cravate et rasé de près. Il hurlait après personne. J’entends par la qu’il geulait sur un interlocuteur qui n’existait pas. J’en ai vu beaucoup des gens comme lui mais jamais je n’ai vu une telle violence dans un regard, et autant de rage dans les propos. Un mélange confus de « Hitler, nègres, femmes et misère » Mais le monsieur en question est noir, avec un fort accent des antilles. Je ne pouvais m’empêcher de le regarder, mes yeux rivés dans les siens mais ses yeux ne regardaient personne. La rame bondée l’ignorait, certains pouffaient quand d’autres le regardait avec mépris.
 
Prenez le métro le dimanche matin. Un ramassis de gens bizarres vous y attendent. Clodos, psychos, roms, et contrôleurs prennent possession du sous sol. Ca sent la pisse et le vomi. Les néons vous donnent le teint blafard. On vous regarde d’un œil qui pourrait vous provoquer une descente d’organe. J’ai de la peine pour ces travailleurs qui partent nettoyer les rues, astiquer les chambres d’hôtels avant que la clientèle ne puisse les voir. Ces gens, la plupart immigrés, sont écrasés par le sommeil, cassés sur eux-mêmes mais ne manqueront pas leur arrêt. Comme si, au plus profond d’eux, une minuterie les tenait en alerte en leur disant « Arrive en retard et c’est la rue. Faudra pas te plaindre. Tu n’es rien, tu n’as aucun droit ».

L’après-midi c’est encore pire. Un peu glauque en fait. Les couples traînent leurs mômes. Cela devient une cacophonie dans l’après midi quand la gentille famille revient de sa promenade aux Tuileries. Les poussettes s’entrechoquent, les mauvais regards fusent, les gens n’arrêtent jamais d’être des cons, pas même le week end.

Alors il me semble comprendre ce type. Il peut hurler, personne ne l’écoutera. Il peut dire au monde combien il le hait, le ne s’en prive pas. Des fois, il m’arrive de vouloir me lever et de gifler le passager qui me fait face. Parce que je n’aime pas sa gueule tout simplement. Va comprendre. Tout homme vit et accumule de la colère. S’il la garde en lui, cela deviendra du stress, des boutons pleins la figure ou des coups sur ses enfants. Vivre en ville, passer le plus clair de son temps sous terre rend fou. Fou a lier. Alors faites du sport, cognez sur un sac, insultez votre belle mère qui vous fait la vie tellement dure.

Mais mollo avec le patron. Vaseline et gants blancs. Car il fait froid dehors.

Et le froid, cela vous calme vite fait.
Par HB HB - Publié dans : oberkampf
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Samedi 26 février 2005 6 26 /02 /Fév /2005 00:00
Je peux rester allongé des heures sur mon lit à regarder mon plafond blanc. Se lever ? sortir ?, il me vient une telle flemme !
Les mêmes gens dehors, le même goût de rien, la même baguette s’il vous plait. Et les gens qui ne sourient plus. Le temps c’est de l’argent. Et l’argent y en a moins qu’avant.
Bien sur il y a mon bar à moi. J’ai besoin d’y squatter. On ne remarque pas son entrée tout de suite. On pourrait même passer devant sans le voir. Tant mieux, moins y a de monde… J’y lis le journal, je fais les mots croisés et je cause avec K. Le café y est excellent. Ensuite, je rentre chez moi manger quelque chose, je vais à la salle de gym puis je vais bosser.
La vie est une routine, essayer de changer la routine devient une routine. Mais je préfère ma routine à celle de ces beaux cadres en costumes croisés a qui l’on va demander quinze pour cent de rendement cette année parce que les fonds de pensions américains l’ont décidé. A celle de ces gens qui n’aiment pas leur boulot, qui gagnent misère mais qui n’ont pas le choix. Le crédit du pavillon est lancé. A celle de ces milliardaires en dollars de quatre vingt ans qui ont le pouvoir de faire du bien à ce monde mais non, ils accumulent leur putain de fric et ils peuvent même plus pisser tout seul. Lisez « Les nouveaux maîtres du monde et ceux qui leur résistent » de Jean Ziegler et vous ne tournerez plus jamais le dos à un banquier ou à un diplomate de peur de vous faire planter. Ne leur prêtez même pas un stylo, ils ne le vous rendraient plus.

Ce monde est un tas de fumier et c’est heureux s’il y pousse encore des roses. Ce soir les éboueurs vont venir nettoyer mon onzième arrondissement et emmener tout le merdier en banlieue. Chuck Pahlaniuk (Fight Club) écrit que l’homme envoie sa merde dans des tuyaux pour que ce soit le problème de quelqu’un d’autre, que les gens utilisent le téléphone parce qu’ils ont horreur d’être trop près les uns les autres et en même temps effrayés à l’idée d’être seuls. Il écrit aussi que les hommes gardent des oiseaux à l’intérieur de leurs maisons, il l’a vu.



Par H - Publié dans : oberkampf
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